La semaine dernière, j’ai héroïquement affronté les foules déambulantes entre les allées d’un célèbre disquaire amateur d’agitation. Etant, comme vous ne le savez peut être pas encore, une affreuse cousine aigrie et acariâtre, je me refuse à offrir des jeux, ou des livres débiles à mes cousins. Donc j’ai acheté un très beau livre de sensibilisation écologique sur le pôle nord. Non mais. Comme tous les ans (depuis le début de mon infernal cycle pédagogique), l’ange va donc remercier poliment en continuant à sourire comme un malade, ne pas retirer le plastique et abandonner le machin là. Sa mère le ramassera, et je suppose qu’il ira dormir dans la bibliothèque tel quel, conservant à jamais sur papier - glacé - ses trésors de glaciers en péril et de banquise mouchetée…
Et, pour rester dans l’esprit de Noel, me suis-je dit au sortir de cette lutte épuisante, quoi de mieux qu’un petit cinéma, un vrai film de Noel guimauve, dégoulinant, enchanteur ??… N’ayant pas d’enfants prétextes à emmener (mes cousins ont l’âge auquel je me ferai carrément rire au nez…), j’ai décidé d’y trainer l’Homme, sans lui dire de quoi il s’agissait (de toute façon en ce moment, il est tellement crevé que tout lui est égal, tant qu’il peut me dormir dessus en ayant étalé ses jambes de 1,20 m de long quelque part…). Pour aller voir le dernier Walt Disney, Il était une fois. Et, comment dire, j’ai senti que ce film n’était pas directement destiné aux enfants. Comme la plupart des contes de fées, en fait, c’est une vaste parabole analytico-psychologique qui parle direct à ton inconscient. Ou à celui des petites filles, à titre préventif. C’est un film pour les filles comme moi, comme toi, ma sœur. C’est un film pour pré-trentenaires larguées en pleine crise existentielle, qui s’articule autour de cette question lancinante et fondamentale : le Prince Charmant existe-t-il ? Et si oui, notre image de ce qu’il est est-elle exacte ? Ne nous trompons-nous pas souvent dans notre recherche ? N’est-il pas temps, enfin, de troquer l’ancien Prince Charmant (poussiéreux et sclérosé) contre le nouveau ? Ce mouvement ne correspond-il pas à une forme de passage à l’âge adulte de notre inconscient, et par là même de l’inconscient féminin collectif ?
Ouah, je sais, c’est du lourd.
Parce que dans cette confrontation brutale entre deux mondes, Andalasia, et la réalité du New York contemporain (agressif, stressé, bruyant, en un mot, méchant), il y a finalement la condensation de cette confrontation de notre imaginaire à une vie un peu… désenchantée (oui, oui, c’est Noel ce soir, donc mon esprit est un peu lent). Le film, d’ailleurs, choisit sur ce point le parti de la nuance : le Prince moderne est un charmant garçon, père divorcé gentil et stressé, bel homme, consensuel, rasé de près avec l’air de sentir bon et pourvu d’une fillette adorable, timide et douce qui ne fait jamais de caprice et range sa chambre. Du coup, notre Princesse tombe assez facilement amoureuse de lui, et choisit de délaisser son Prince-Charmant-des-Contes, qui ressemble à s’y méprendre au Robin des Bois de Mel Brooks : fat, plaqué,gominé et pour tout dire, franchement ridicule. Après une heure d’un suspense haletant et quelques jolis moments (à base de « true love’s kiss »), la Princesse et son Prince new yorkais partent en se tenant la main et en chantant et on sait que leur vie va être formidable, pleine d’humour, de compréhension mutuelle et de couchers de soleil.
C’est là où on se rend compte que c’est bel et bien un film pour enfant : la Princesse atterrit chez un new yorkais pourvu d’un appartement de 150 m2 sur Central Park, avocat, qui a des défauts supportables comme une légère propension au désordre (2 chemises froissées trainent sur une chaise, c’est dire), des horaires difficiles qui l’empêchent d’aller tous les jours chanter au bord de l’eau entre midi et deux, ou une petite réticence à la danse de salon…
Alors là, excuse-moi cocotte, mais c’est pas très réaliste, ton truc. Dans la vraie vie, déjà, il faut en général rencontrer et supporter tout une galerie de freaks avant de trouver un prince Charmant acceptable. Et encore. La justice divine étant uniquement un concept, on peut passer 20 ans à se taper des crétins sans que ça paye du tout. La Princesse sautillante aurait peut être arrêté de chanter si elle avait atterri sur le vrai célibataire type, celui qui vit dans un bouge puant la clope Porte des Lilas, ne change jamais ses draps, ne rappelle jamais (plus de forfait/perdu son portable/ doit aller à la piscine) et te largue parce que dans sa tête c’est trop compliqué en ce moment, (mais c’est pas toi, c’est moi, je sais pas où j’en suis, j’te jure, je souffre…). Celui qui sort d’une histoire difficile (ca fait trois ans qu’il en sort, même), celui qui trouve ça cool, comme ça, de pas s’engager, hein ? Non ? (Non.), celui qui te plante sur le quai de la gare devant tous tes amis en retournant la valise par terre pour récupérer ses caleçons en t’insultant… ce qui pousse un peu les princesses modernes à revoir leurs prétentions à la baisse…
A la fin du film, toute pleine de chansons et de rêves d’amours éternelles, attendrie et passionnée, je me suis tournée vers mon Prinche à moi, Phil, qui dormait comme un ange depuis 1 h 30. Il a étiré ses immenses jambes, m’a dit « j’ai faim », s’est levé comme un « jack in the box » et a foncé vers la sortie tandis que, en me dévissant la tête pour voir le joli générique, j’essayais de ramasser et porter tous mes sacs. J’ai été obligée de lui hurler « woh, tu peux m’aider là », de façon pas du tout Princesse… Back to reality…
Un petit billet en retard, mais que j’aurai regretté de ne pas publier…Aujourd’hui, on solde !
1/ Evacuons tout de suite cet aspect là : c’est aux Amandiers, à Nanterre, il fait très chaud et on est mal assis, genre avec les genoux incrustés dans la mâchoire… Mais les Amandiers, que voulez-vous, c’est un peu un théâtre militant. C’est un théâtre qui vous rappelle que le théâtre, ca n’est pas le cinéma. Vous n’êtes pas là pour vous affaler béatement et oublier vos soucis en vous goinfrant de Michoko. Vous êtes là pour vivre intensément une expérience artistique qui inclut une forme de pénibilité nécessaire. Une chicane sélective comme une autre, en somme. Vous souffrez, vous communiez mieux avec les personnages et les acteurs. C’est du temps de cerveau souffrant disponible. Si des petites crampes de rien du tout dans les genoux vous font venir les larmes aux yeux au point de vous empêcher de suivre le texte, c’est que vous n’êtes pas assez Télérama. Restez chez vous sous le plaid Ikea.
2/ La pièce. Visuellement, on pense à Rohmer et 8 femmes, Tati, Godard et les années folles… c’est inclassable, à la fois grave et éthéré, clair et obscur…
A l’instar de ce jeu sur les costumes qui brouille les pistes et éclate nos codes, le génie de Luc Bondy tient d’abord dans sa réinterprétation de ce « marivaudage », qui ne saurait être le léger jeu de l’amour sans essence et sans enjeu. Tout comme l’on peut choisir de regarder Fragonard comme un artiste éveillé du sentiment, explorateur et presque philosophe de l’intimité et de l’intériorité, et non uniquement peintre mièvre des usages coquins de son époque, Marivaux dit bien plus que la simple valse-hésitation de la Marquise et du Chevalier. Il dit la mise en tension, l’équilibre, l’attraction des contraires. Il dit la supériorité des femmes et comment les tourments de leurs âmes mènent le monde. Luc Bondy l’a bien compris, qui déplace habilement notre regard, notre polarité vers le couple formé par ces deux femmes, la marquise et Lisette. Hommes faibles, lâches, vieux ou benêts, ils ne sont que les miroirs tendus à ces deux femmes en quête d’identité, simples ressorts nécessaires à leur épanouissement…
Bien sûr, le texte est formidable, ciselé et drôle. Les acteurs sont excellents, même si j’ai été surprise par le choix d’interprétation du personnage du Chevallier, dandy dandinant à la Oscar Wilde, icône Pop androgyne à la Pulp, presque ridicule…Lisette est tout simplement époustouflante. Chacun des acteurs habite parfaitement son personnage, le densifie, le distingue… c’est épatant…et vraiment à ne pas rater.
3/ Les infos. Théatre des Amandiers, Nanterre, jusqu’au 22 décembre. Puis à Grenoble du 15 au 19 janvier, à Narbonne les 22 et 23 janvier, à Reims du 5 au 8 février...
Ce matin, dans le bus, il y avait une maman avec ses deux enfants. Elle les regardait en souriant, leur demandait si ils étaient bien installés et leur parlait d’une voix douce. Je lui ai souri avec insistance. Sans doute parce que, hier, à la même place, j’avais observée une mère excédée, engueulant un enfant stressé qui ne savait même pas pourquoi il pleurait…et à qui la mère jetait toutes les deux minutes un regard furibond à faire froid dans le dos…
Ces deux petites scènes, accolées, m’ont fait penser à La vie secrète des jeunes, de Riad Sattouf (ed. L’Association) que je viens de terminer et qui croque, planche après planche, des saynètes vues et entendues, le plus souvent à Paris, dans le métro, les cafés, la rue, le train… Ces planches ont été publiées chaque semaine dans Charlie Hebdo, depuis 2004. L’auteur jure que tout ce qu’il y rapporte est vrai…c'est-à-dire une succession de scènes incroyables, ubuesques, révoltantes mais aussi émouvantes et drôles pour certaines et qu’il traite en collectionneur du bizarre, comme autant de petites perles pas très jolies. J’avais découvert Riad Sattouf avec son hilarant « Retour au collège » l’année dernière, lorsque sa curiosité naturelle et insatiable (et aussi une forme de voyeurisme malsain ;)) l’avaient poussé à aller poser son carnet à dessin dans une classe de 3e du très huppé Lycée Charles-Henri, à Paris, pour une percée fascinante dans l’univers des jeunes aisés : premiers émois sexuels, violences, fatuité, cruauté, histoires de cœur, profs tarés ou débordés, parents démissionnaires…
Ici, la Vie secrète des jeunes met donc en scène des tranches de vie et distille une vaste chronique de la bêtise ordinaire. Tout (ou presque) y passe : parents violents ou indifférents, petites nénettes exploitées, gros dragueurs agressifs, vantards, machos ou racailles, racontent sans le vouloir la religion, le sexe, le boulot, les voitures, le petit monde des enfants, la politique et les relations homme femme. Ces scènes auxquelles vous ne prêtez pas attention, ou que la pudeur vous empêche d’écouter jusqu’au bout, sont le fond de commerce de l’auteur. Sans commentaires, Sattouf interroge avant tout votre vision du monde. Son œil seul et son coup de crayons, simples, parfois simpliste laissent deviner sa sensibilité : les personnages sont souvent laids et le trait n’épargne rien à une humanité un peu minable, un peu mal foutue, parfois même grotesque… Qu’on se rassure, l’auteur a l’élégance, comme dans son Retour au collège, de se mettre lui aussi en scène, petit personnage affolé ou désespéré… Parmi cette humanité crasse, une chose sainte et sublime : des filles. Et comme Riad Sattouf les aime, il les fait jolies et émouvantes, souvent drôles… livrées en pâture à ces êtres frustes, bornés et prétentieux que sont les hommes. Une vraie déclaration…
Enfin si l’on devait ne retenir qu’une chose de cette Vie secrète, les planches consacrées à la rencontre entre Sattouf et un chauffeur de taxi qui tente de ramener l’auteur à son cœur musulman, démonstration à l’appui, sont tout simplement hilatantes et méritent vraiment le détour.
Alors soyez sympa, ne lisez pas cette bédé à la Fnouc samedi après-midi,
assis bien au chaud entre deux rayons, achetez-là !
Je rebondis sur ce que je disais hier des relations blogueurs à consommer avec modération : http://fr.techcrunch.com/2007/11/13/fr-precisions-concernant-le-billet-sur-la-campagne-pub-tele-debayfr/
et le billet de base qui est ici : http://embruns.net/carnet/actus-et-opinions
Reçu hier, cet exemple édifiant des effets pervers de la relation blogueurs, si mal gérée et mal comprise, qu'elle tourne carrément au désavantage, voir au ridicule de la marque et de son agence. Si j'étais prof de "nouveaux media, nouveaux contenus", je présenterai ce cas d'école parce qu'il concentre exactement tous les enjeux des relations blogueurs et de leurs déplorables side effects quand ils sont utilisés à mauvais escient...
Explication de texte :
1/ la campagne e-bay. Rappel du principe : e-bay met aux enchères, sur son site, la possibilité de faire soi-même la pub de l'objet que l'on vend sur e-bay (ouille, je sais, bobo la tête). Et pour promouvoir ces enchères, diffuse une pub télé qui interpelle, ici : http://fr.youtube.com/watch?v=w-oulylurTA&eurl=http://blogs.ebay.fr/lea%40ebay.com/entry/Et-voila-eBay-met-des-spots-TV-aux-encheres/_W0QQidZ374701010
Ainsi, des gens qui avaient des objets à vendre (planche de skate, cafetière, pull...) ont donc pu enchérir sur le site d'e-bay, dans 10 catégories, pour gagner le droit de tourner leur pub, qu'e-bay a ensuite diffusé à la télé, à ses frais...
En soi, ce principe est déja vertigineux, et disons-le, très innovant.
2/ la campagne buzz autour : bien sûr, le principe et ses retentissements "buzz" sont encore plus "lucratifs" en termes d'images et de clicks que la pub elle-même et c'est bien pour ça qu'elle nous intéresse... L'agence qui conçoit cette campagne le sait bien. Elle décide donc de susciter ce buzz en informant les blogueurs de cette opération pour qu'il la relayent sur leurs blogs, etc. Stop, jusqu'ici, tout va bien. Sauf qu'en fait, tout dérape. Visiblement, l'agence chargée du budget n'a pas confié cette "approche blogueurs" à une équipe qualifiée et rodée en matière d'influence (nous, par exemple :)), un peu d'autopromo ne fait pas de mal !!). Non. Soit l'approche blogueurs n'a jamais été décidée dans aucune réunion comme faisant partie intégrante d'une campagne globale, et définie comme telle, et ce mail a été le fruit d'une initiative malheureuse du jeune Julien (jeune, oui, vu le langage... et merci la lecture globale pour les fautes d'ortographe !!). Soit il en a été vaguement question et le Julien en question a dit : "Easy, je vais les contacter par mail, hop..." Misère.
Ensuite, et c'est l'erreur ultime, tout se complique : on découvre qu'il y a bien eu une campagne "d'achat" de posts positifs en parallèle (des sous pour les blogueurs avec en contrepartie un billet sympa sur le sujet, ça se fait et ça n'est pas secret...). Donc certains blogueurs ont été approchés pour faire de la pub payante. Et d'autres, comme celui qui râle ici, gratuitement, et qui plus est, de façon très maladroite. Catastrophe....
3/ Le blogueur : le blogueur "influent" qui nous intéresse ici doit être approché avec prudence. Pour info, le blogueur des "embruns" est probablement l'un des plus influents de la blogosphère. Et on peut supposer que sa éraction est aussi excessive car due à un "trop plein" de "spams" dans le genre de celui qu'il dénonce. Les entreprises et les novices pensent en effet qu"il suffit juste de leur envoyer un petit mail avec le lien pour récupérer, hop, 50 posts enthousiastes. Ce n'est pas si simple. En effet, le blogueur est conscient de sa capacité d'influence et de son aura. De la même façon, il connaît parfaitement son pouvoir de nuisance. Approcher un blogueur avec un concept mou, fade, mal vendu ou qui prète à controverse est donc extrèmement risqué. Dans le meilleur des cas, vous n'aurez aucun retour. Dans le pire, vous serez exposé à une critique sévère avec dénonciation et dérision à la clé. Voilà pourquoi il nous arrive de déconseiller les relations blogueurs à nos clients. Notamment parce certains nous disent : "Je n'ai pas d'argent, ou je ne veux pas en dépenser, donc je passe par les blogs". Comme si la pub blog était une solution miracle, gratuite et assurant un maximum de visibilité. Tut-tut-tut. Attention danger...si vous tombez sur un blogueur excédé, vous risquez un "buzz", mais pas celui espéré : votre nom et celui de votre agence/entreprise tournera longtemps en orbite dans la blogosphère... dans un post si saignant qu'il passera de boîte en boîte. Remarquezn au moins, vous servirez d'exemple pour terroriser vos concurrents.
Bien sûr, ici, tout est caricatural : le mail de l'agence (je m'en foutiste, faussement copain/copain, plein d'assurance) et la réponse via son blog du blogueur furieux : donneur de leçon, suffisant et ayant visiblement trempé sa plume dans l'acide sulfurique puisqu'il en profite pour crucifier toute la profession pub et marketing avec une vigueur qui en dit long sur sa haine du milieu...
4/ Enfin, pour tempérer : on constate que le même mail a quand même suscité un billet gratuit d'un autre blogueur, content et qui avait peut être prévu d'en parler avant même de recevoir le mail. Du coup, ce blogueur sympa se sent obligé de justifier et de prouver la gratuité de son billet, ce qui est dommage. Cela tend à prouver une seule chose : les blogueurs sont des humains, tous différents, avec leurs marottes, leur sensibilités, leurs verve... Alors un conseil : planifiez votre approche, construisez-la, entourez-vous de la bonne équipe. Il est préférable de les appeler au préalable, de les avoir croisés en soirée ou conférence avant, et de pouvoir leur offrir des contreparties qui ne soient pas forcément financières...
Et enfin, ne vous y trompez pas : c'est le bon concept à la base, la bonne idée drôle et novatrice, bien tournée, bien vendue qui suscitera toute seule (ou avec un petit coup de pouce) le buzz des blogueurs. Concevoir une campagne pour eux en calquant au forceps des recettes toutes prètes puis essayer de les vendre avec un VRP pas très doué qui met le pied dans la porte du blog ... ça le fait "grave pas"... !!
Bref, la relation blogueur, c'est pas un truc de stagiaires :))
C’est officiel et c’est donc très sérieusement à la Une du Monde ce matin : Facebook nous vend. Facebook profite de nos profils en vendant (cher) aux annonceurs et marques l’exploitation de nos « caractéristiques ». Seul, en couple, avec ou sans enfants, Paris/banlieue/province, trentenaire, ado, adepte du sport, du ciné ou du macramé : tout, tout, tout, les marques savent tout de nous…et s’apprêtent à s’en servir pour nous refiler des pubs ciblées sur nos petites pages de profil (Tu déménages ? Hop, un crédit conso. Tu accouches ? , Hop, Pampers t’offre des réducs… Tu te fais larguer ? Hop, Meetic, un relookeur et un mage africain- retour de l’être aimé- volent à ton secours !!) Qui plus est, la « marque » Facebook a annoncé la semaine dernière la possibilité nouvelle, pour les annonceurs, de créer des profils de marques/produits (leur permettant d’interagir directement avec les facebookers) et d’envoyer des messages publicitaires aux membres, en rapport avec leurs activités (voyages, restos, etc.)
Mon premier réflexe, bien sûr, a été la fuite, puisqu’on attaquait brutalement ma vie privée à des fins commerciales, ce que l’homme moderne, pourtant si désireux d’interactions et de réseaux à tout va, considère certainement comme le dernier rempart à sa dignité. Je me fiche que des tas de gens que je ne connais pas directement sachent avec qui je vis, où, ce que je fais de mes week end et où je dîne le soir. En revanche, que ce réseau sympathique, geek et technologique d’amis se transforme en machine à pub, alors là, stop. J’ai donc eu un spasme de déconnection/fermeture de compte d’au moins 10 secondes. Puis je me suis souvenue que j’appartenais à une love génération particulière pour laquelle tout avait un prix, tout s’achetait, tout se vendait. Facebook me procure donc un réseau phénoménal et me maintient en contact avec mon petit monde. En contrepartie, il me vend aux annonceurs pour ce qui semble être une nouvelle génération de CRM hyper sophistiqué. Et alors ? D’une part, j’ai développé, comme nombre d’entre vous, une capacité phénoménale de non-lecture/ non vision/ non cliquage de toute forme de bannière publicitaire (je lis autour, à travers, en dessous, je clique sur Fermer sans même m’en rendre compte…) Et je ne clique que pour des raisons professionnelles (d’étude de la concurrence ;). Si les annonceurs décident de me « cibler » avec des pubs susceptibles de m’intéresser, pourquoi pas ?
L’ouverture de Facebook à la publicité sera un challenge pour les agences qui les accompagneront. Pour les raisons que je viens d’évoquer, notamment, il faudra jouer serré face à cette nouvelle génération d’internautes et dans ce vaste cadre réticulaire. Comme dans le cadre des relations bloggeurs, on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre. L’envoi de messages publicitaires à des Facebookers influents devra être délicat, sans quoi on risque l’effet inverse : non seulement un effet limité, mais surtout une vague négative, et une mise à l’index… Le danger n’est certainement pas celui que l’on croit. Et je vais garder mon compte pour pouvoir continuer ce délicieux jeu de « tu me regardes »/ « je m’exhibe »… Délicieux ? Ou dangereux ?
En fait, le vrai danger de Facebook, c’est l’exposition. Face à ses amis, bon, ok mais aussi face à de parfaits inconnus. Et l’accessibilité que cela implique. Je passe sur le machiavélique « gang des relous » : des gens (rencontrés par hasard il y a cinq ans) pénibles, collants, dragueurs, etc. qui voudraient être votre ami, et qui vous pistent via google, msn, FB, etc sans relâche malgré votre répugnance évidente à entrer en contact avec eux. Ce sera le sujet d’un autre billet. Le vrai danger, donc, c’est que vous devenez très, très visible. Ainsi Phil, par exemple, avait la semaine dernière une request d’une chinoise parfaitement inconnue et plutôt jolie (sur les 24 photos de son profil, la présentant « déguisée » ou femme d’affaire ou écolière ou infirmière (j’exagère à peine)… qui avait manifestement comme ambition d’épouser un très chouette spécimen d’ingénieur français. Heureusement, il l’a « removed » tout seul. Mais, cocotte, écoute-moi bien : bas les pattes, sinon je ne répond de rien. Ensuite, t’as pas vu, là, en haut, y’a marqué « In a relationship » with MOI ? T’as développé une capacité de non lecture/non vision ??
Bref, Facebook, c’est dangereux, ca vend ton « profil » d’être
humain interessant à des acheteurs étrangers interessés, selon une série de
critère hyper pointus (âge, école, profession, ville… le tout avec moteur de
recherche).
Je vais désinscrire Phil.
Le premier salon du divorce s’est tenu à Vienne cette semaine. En Autriche, en effet, 2 couples sur 3 divorcent, c’est vous dire si c’est d’intérêt public. 16 sociétés y tenaient stands, parmi lesquels détectives privés, relookeurs, avocats, agences de voyages, agences immobilières et même laboratoires d’analyse ADN pour tests de paternité ( ???!!!!!, très utiles paraît-il, dans les divorces très litigueux)… L’objectif ? Permettre à chacun de vivre son divorce sereinement et sans (trop de) stress, mais surtout de préparer sa vie d’après, comme le rappelle poétiquement le nom du salon : « Nouveau départ ». Malheureusement, l’initiative, dont on peut se demander si elle est si audacieuse que ça (finalement, les autres trucs que 2 personnes sur 3 pratiquent ont déjà leur salon, comme… les animaux domestiques), n’a pas attiré les foules. Pourquoi ? Il n’y avait, parmi les visiteurs, que des gens en plein divorce et avec assez d’humour pour apprécier l’aspect pratique du concept. Ceux qui y songent déjà mais sont encore mariés ne sont pas venus (trop de caméras), tu m’étonnes. Ceux qui ont terminé le leur doivent éviter de se remémorer ce cauchemar, et sont peut être encore assez optimistes pour ne pas préparer le prochain.
Bon. Moi qui aime bien prévoir les choses et ne pas être
prise au dépourvu, je trouve que c’est une sacrément bonne idée. Pour ce qui
est de préparer son mariage, l’information pullule : salons , magazines,
newsletters... et chaque année, le road show des mariages de mes amies. Mon exploration compulsive de Facebook
m’apprend ainsi que mes « amis FB » ou les amis de mes amis se
partagent en deux camps : ceux qui sont mariés ou préparent ça activement
et ceux qui se sont inscrits au groupe « My friends are getting married.
I’m just getting drunk ». La plupart de mes amies vivent dans un
tourbillon de soie grenat, une nuée de petits enfants d’honneur tellement
beaux, propres et peu morveux qu’on a du mal à les croire vrais (et pas castés
pour Milk et refourgués à bas prix à la wedding planneuse zélée), des châteaux
dans le sud et des traiteurs bios…
J’ai quant à moi entamé une campagne de sensibilisation
auprès de Phil, grâce à un subtil mélange de cajoleries et de menaces qui
porte moyennement ses fruits pour le moment.
J’en veux pour preuve ce dialogue récurrent, d’une cruauté
insoutenable ; Moi (avec la légèreté et le tact qui me caractérisent):
on se marie ? Lui : pourquoi pas ? Moi (galvanisée par ce pas en
avant) : quand ? Lui : pourquoi pas ? Bon. Faudra que
j’arrête de lui demander ça à travers la porte des chiottes ou dans le métro le
matin… En même temps, cet homme sage doit certainement prendre le temps de
réfléchir AVANT, ce qui reste une des meilleures méthodes pour éviter le fiasco
complet, parait-il. Mais, mon chéri,
rassures-toi : même si on se marie (et que ça nous coûte un bras) et même
si ça rate et qu’on en vient à se jeter des vases en cristal entre les deux
yeux devant nos pauvres enfants éplorés, reniflant dans leur appareil dentaire,
nous pourrons envisager un divorce serein. Ecoute ça : "Si vous
réussissez à vous séparer à l'amiable, le jour de votre divorce peut devenir le
plus beau jour de votre vie », affirme Anton Barz, l'organisateur de
"Nouveau départ".
Ben voilà. L’année prochaine, nous prendrons un RTT pour aller sereinement au salon du divorce, main dans la main, rafler des cartes de visite d’agences ADN, divorce planneuse et relookeurs charlatans. Préparer son mariage ? Pouahh, les filles… c’est dépassé !
Il se passe ici quelque chose de bizarre.
Cette nuit, des encartés Vélib mal intentionnés et desespérés sont descendus à la borne Vélib la plus proche de chez eux afin de poser leur propre antivol sur la roue arrière d'un de ces engins, afin de le "réserver" avant la grève de demain. Leur forfait accompli, ils sont remontés se coucher, sereins, et ont sortis dans l'entrée leur plus belles baskets en prévision de cette randonnée vélo impromptue.
Informées du phénomène, les services spéciaux Vélib (il y en a, je me demande si ce sont les mêmes que ceux qui répondent d'une voix nonchalante aux bornes, ou ceux qui remettent des vélibs là où il n'y en a plus, mais jamais en bas de chez moi...) ont lancé des expéditions punitives visant à couper les cadenas et chaînes posés illégalement... Bien, tout le monde sera donc bien sur un pied d'égalité demain, c'est à dire à fond dans la merde si on regarde les prévisions de trafic (quasi-nul partout)... Je travaillerai donc de chez moi (vive le télétravail)...
Néammoins, je ne résiste pas à vous faire part d'une astuce (à mettre en pratique dans 15 jours, après la fin de la grève, quand tout sera redevenu normal...)
Phil, l'être pratique, organisé, pondéré, réfléchi et caaaalme qui partage ma vie et mes humeurs, me signale que lorsqu'une borne est pleine et qu'on ne peut pas rendre son vélo, il faut rester calme (ok, ouais, déjà, au lieu de jeter le vélib par terre en trépignant et en jurant comme un charretier sous l'oeil goguenard des voitures au feu rouge) et passer son badge à la borne. Elle vous indique la borne avec emplacements disponibles la plus proche et vous crédite 1/4 d' heure gratuit supplémentaire pour vous y rendre... Life can be sooooo simple sometimes.
Lu dans Libé, ce matin, à propos d’une info diffusée par TF1 : l’office HLM du Havre a mis en place, dans une de ses banlieues « agitée », un container qui imite un « hall d’immeuble », pour permettre aux jeunes du coin de le squatter… et de se défouler sans dégrader la vraie cage d’escalier. Le container rouge, posé au milieu du terrain, contient un faux hall d’immeuble, donc, décoré de fausses boîtes à lettre et de faux escaliers (qui ne mènent nulle part, ne me tentez pas sur l’analyse freudienne du concept)…L’histoire ne dit pas si les boîtes aux lettres et les murs sont taggués, si ca sent aussi le pipi, et si il y a des canettes de bière par terre (en plastique, comme chez Play School). Bien sûr, c’est un échec, personne n’y met jamais les pieds, et le container, désespérément vide, trône au milieu de la pelouse comme une « installation » fashion à Londres (on ne dira jamais assez l’apport esthétique de l’engin pour les habitants des immeubles concernés). Le pompon, si j’ose dire, c’est que l’affaire a couté 15 000 euros…
Qui a bien pu imaginer, mais surtout valider et mettre en œuvre ce projet ? Pourquoi avoir décidé de prendre les habitants, et notamment les jeunes du quartier, pour, au mieux, des imbéciles, ou au pire des animaux de zoo à qui il était possible de recréer un « faux » habitat naturel dans lequel ils pourraient s’ébattre sans dommage ? Le propre d’une cage d’escalier, c’st d’être un lieu de passage, un lieu de rencontres, donc, de vie et d’animation. C’est là où on va, aussi, pour retrouver ses potes quand on ne peut pas squatter chez soi. Alors, ok, ca incommode les voisins, ca crée du bruit, des tensions, ca fume et ça enfume l’immeuble. On peut donc toujours leur proposer de leur construire une salle pour se retrouver. Avec le budget, on peut même garder l’idée du container et investir dans des équipements « en dur » si on ne met pas en place de structures d’encadrement dans ce lieu, pour éviter les dégradations volontaires (je fais pas de généralités, je dis qu’à mon avis, ça doit être assez tentant de tout casser dedans pour rigoler un coup…) Pourtant, même dans ces conditions, ça m’étonnerait beaucoup qu’ils choisissent d’y aller squatter. Alors se faire prendre pour des cons (à grands coups de fausses boîtes aux lettres et de faux halls d’immeubles) par des vrais démagos pétris de fausse vraie bonne volonté…
Après la maison témoin, à quand la banlieue témoin ? Un décor de Bollywood pour faire joli et la crasse derrière ? Sans faire (trop de) raccourcis, ça me fait penser à ce reportage en Corée du Nord où l’on voyait des immeubles ouvriers dont on n’avait repeint que les façades de toutes les couleurs, pour donner l’impression d’une ville proprette, coquette. Derrière, à la saignée de chaque paté de maison, des cours intérieures décaties, grises et glauques, dans lesquelles trainaient des enfants en guenille…
Ca a été plus fort que moi, il fallait que j'y aille. Voir ce brulot (?), cette dénonciation de l'immonde milieu professionnel qui est le mien, ces vendeurs de soupe acharnés et immoraux qui manipulent les cerveaux atrophiés de millions de consommateurs pour leur faire acheter de la merde toxique... Bon, certes, je ne fais pas vraiment de pub, juste de la comm (ah bon, ça va, tu nous rassures). Ce qui me permet quand même d'évoluer au milieu de dizaines de DC, DA, médiaplanneurs, créas...etc. Allais-je m'effondrer ? Terrassée par la vacuité du milieu, du métier, de ma vie toute entière qui allait me sauter à la gueule ?
Et bien pas du tout. D'abord, ce n'est pas vraiment la pub que je connais puisque Jan Kounen, Dujardin et Beigbeder nous parlent d'un temps que les moins de 40 (50 ?) ans ne peuvent pas connaître. Un parenthèse enchantée, les années 80, avant la loi Sapin, quand on s'en mettait plein le nez en pondant des concepts, et qui est le milieu pubard dont sont issus les Beigbeder, Ardisson et consort. Or l'action se situe en 2001 et les temps ont déjà bien changés. Bon, admettons l’anachronisme. Dans un Paris esthétisé, Octave Parango (Parangon, oui, mais pas de vertu), CR (concepteur rédacteur) à la Russ (la Young et Rubicam parodiée, paraît-il), nous raconte son irrésistible ascension, et, (c’est logique) son irrépressible chute, dans ce qui semble être un véritable "Splendeurs et misère des publicitaires". Le boulot d'Octave, comme il nous l'explique si bien (et l'on retrouve presque en intégralité le monologue du début du bouquin), c'est de nous manipuler en manipulant nos désirs, nos révoltes, nos envies, nos rêves... Octave est génial, Octave est puissant, Octave nous possède et « jouit dans notre hémisphère droit », Octave nous méprise…Ah, Octave se drogue aussi... ce qui le rend un peu malheureux parfois, parce que ça le fatigue beaucoup. Octave ne sait pas aimer, il est le hérault d'une génération désabusée qui, à force de manipuler les rêves des autres, n'en a plus aucun. Octave vit dans le carton, dans le vinyl, dans le plastique...
En fait on retrouve dans le film toutes les qualités, et tous les défauts du livre de Beigbeder. J’avoue, j’aime assez ce qu’il écrit la plupart du temps, peut être justement parce que ses livres sont assez francs : c’est péteux, facile, un peu sale et désespéré mais aussi drôle et cynique, parfois incroyablement sensible, au long de sa quête éternelle de la pureté, de l’amour et de l’innocence perdues... A sa sortie, le livre était une vraie dénonciation, certes un peu émoussée 6 ans plus tard, mais toujours suffisamment grinçante pour faire réfléchir. Le film est donc porté par un sens incroyable de la formule qui caresse, pénètre nos petits cerveaux de fils de pub formaté : des répliques cultes ("achetez en, sinon ça se vendra pas, ma préférée), une satyre assez juste du milieu (les appellations, les anglicismes, les looks, les personnages, la suffisance, la médiocrité), des images hyper travaillées, stylisées, photoshopées.
Mais aussi d'énooooormes raccourcis, des facilités, un manichéisme presque Michael Moorien qui m'exaspère : bouhhhh les vilains publicitaires à la solde des immondes capitalistes de Danone/Madone, bouhhhh les vilains industriels qui tuent les poulets et les veaux et font pousser les tomates dans le pneu. Les publicitaires sont méchants, mais il y a pire : regardez les annonceurs, ces rapaces richissimes qui se rengorgent, engraissés de profits dans leurs appartements chicos, ces vicieux qui ont l’air si propres sur eux et sautent des petites actrices… Et j’en passe, le film est truffé de dénonciations faciles et de caricatures...Et surtout, bouhhhh la vie qui fait que les trentenaires désabusés drogués au sexe et au fric sont incapables d'aimer et que la seule fois où ils tombent amoureux, d'une fille qui, elle tombe enceinte, ils sont trop lâches et trop terrorisés pour se lancer. Or, celui qui n’aura pas d’enfant pour racheter ses propres péchés, ses propres lâchetés, sera maudit et perdu. La rédemption devra donc venir d’ailleurs, d’une rébellion, d’une dénonciation du système, de ce monde si moche. La rédemption viendra du sacrifice d’un seul pour la multitude. La métaphore christique (comme celle du cow boy, chère à Yan Kounen) est omniprésente dans le film, comme le dit clairement le claim "Jamais crétin irresponsable n'aura été si puissant depuis 2000 ans". Octave sera le héros sacrifié sur l'autel de la folie des hommes, de l'absurdité de la vie et de la cruauté d'un monde de consommation qui portent ses idoles au pinacle pour mieux les immoler par la suite. Octave mourra (ou pas, suspense…) parce qu’il n’a pas d’idéaux et pas de valeurs (enfin, si, une : 99 francs). Octave ne trouvera son salut que dans sa soustraction au monde tel que nous le connaissons, Octave devra cesser d’être Octave. Ce que nous explique le film, c'est que personne n'est irremplaçable. Octave disparu, il suffira de le remplacer par un autre Jésus, les rues sont remplies de Jésus et de créatifs géniaux qui s'ignorent. Comme nous l'explique Octave, tout est provisoire, tout est fictif et tout est éphémère. Le film raconte donc cette fuite en avant permanente, épuisante et sans issue, qui est la métaphore même de la société de consommation.
Visuellement, graphiquement, c'est une réussite. La déco de l'agence est incroyablement bien rendue, des fausses pubs s'intercalent, c'est beau, c'est jeune, ça pète... Paris nous est vendu esthétisé, du Paris de carte postale des petites rues du Marais, au Paris perverti façon 5e élément, brandé, marqué, colonisé par la pub criarde, à, perte de vue… C'est comme une très longue pub de 1h30, c’est jouissif, c’est assez excitant (et c’est fait exprès, messieurs les critiques de ciné !). Comme dans toute bonne logique marketing, on nous offre même du gratuit (l’explosion de la voiture d’Oscar, les images sur l’île..). C’est du 20% gratuit, quoi. C’est un cadeau dans ce monde où tout va trop vite et où on ne s’ennuie jamais. C’est pédagogique, quelque part, comme un peu trop souvent dans le film…Du coup, c’est réussi, ça laisse même le temps de réfléchir à ce que l’on va en dire… Et il y en a tant à dire… En tout cas, je vais continuer à faire mon métier parce que moi, en fait, je suis comme le chef de projet de la Russ (Patrick Mille) : j’accepte parfois de me faire marcher dessus à la fois par les clients ET par les créatifs pour économiser et espérer me payer un jour un 3 pièces à Levallois Perret… et m’acheter des yaourts…
Ici : http://www.youtube.com/watch?v=rSnXE2791yg
Très drôle...
