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D'après mes savants calculs, depuis le 16 août 2007, j'ai non fumé :
- 6100 clopes
- 305 paquets (?!?)
- 30 cartouches et demi
Et du coup, non dépensé 1616,5 euros.
C'est diiiiiingue !
Hourra pour Poulette !
… Ne sont pas ceux que vous croyez. Je ne parle donc pas de la brune au physique de poupée gonflable et du minet parfait dont les aléas reproductifs font les choux gras de Voilà et autres.
Mais bien de mes deux héros à moi, qui ont la particularité de s’appeler Jones aussi. Ils ont probablement plus de 20 ans d’écart et le premier est entré dans ma vie quand j’étais toute petite. Henry Junior de son prénom, on le surnomme Indiana, qui est aussi le nom du chien. Je suis amoureuse de lui depuis 1985 (comme quoi je suis fidèle, quoi). Il a de très jolis yeux verts (j’ai gardé une passion pour les yeux verts, je les préfère mille fois aux bleus, je les trouve plus… sincères, moins froids. Alors que bizarrement, pour les cailloux, je préfère le saphirs, l’émeraude portant, parait-il, la mégapoisse, enfin bref).
Il a aussi un sourire ravageur carnassier
(oui, je sais, pas très inventif comme expression) et la chemise blanche - un
peu sale - très ouverte sur un poitrail musclé et viril qui a l’air de sentir
le sable chaud, le petit beurre, l’iode et le soleil. Miam. Miam.
La seconde, Bridget, est une sœur (ainée) dont je partage le maelstrom mental foutraque et pas bien rangé, les angoisses et les addictions. Tiens d’ailleurs, la preuve, si mon patron ressemblait à Daniel Cleaver (Hugh Grant), ben, moi aussi j’aurai pu chuter on the dark side of the moon. Bridget est entrée dans ma vie, et dans celle de quelques millions de filles en 1997, si je me souviens bien. Depuis, je l’aime d’amour. Il m’arrive régulièrement de penser à elle, notamment lors de situations plus ou moins humiliantes (une histoire de médecine chinoise et de ronfleur inconnu que je narrerai un jour), elle me soutient, quoi. Attention, je parle ici du personnage écrit, pas de son incarnation cinéma, grosse, tarte et carrément nunuche, quand la vraie Bridget possédait une réelle finesse d’esprit…
Ce qui est rigolo, c’est qu’on imagine assez bien que la seconde pourrait très bien rencontrer le premier, au Népal par exemple. Elle le collerait au milieu des serpents, le ferait tourner chèvre…et là ça commencerait probablement à ressembler à nos prochaines vacances à l’Homme et moi, puisque j’ai sottement accepté d’aller crapahuter au milieu des cimes cet été, toujours mue par l’espoir fou de l’épater et le persuader de l’intérêt de passer toute sa vie avec moi.
Je vois déjà les moqueurs imaginer Poulette, perdant toute dignité, le visage maculé de terre (chute malencontreuse en sortant de la tente), le short trop serré et les cheveux fous, insultant l’Homme du haut d’un gros caillou en le menaçant de rapatriement Europe Assistance, sous l’œil amusé d’une bande de joyeux polytechniciens partant gaiement, en chantant des yoddles, à l’assaut de la Dent du Guignol, équipés en tout et pour tout d’un K-Way et d’une barre Gatorade pour 8.
Ca va être chouette, tiens.
Mad world, Maybe not, I’m sailing, Breathe me, Say it ain’t so, The great gig in the sky, History, Playground Love, Hallelujah… Elles sont nombreuses, pourtant, les chansons qui m’inspirent. 3 premières secondes, un souffle passe et j’ai la chair de poule, parfois même envie d’éternuer (étonnant phénomène physiologique). Stupeur, appel, plongeon. Délicieuse nostalgie, vague tristesse, rêverie douce et douloureuse, onirique, émotive, inspirante. Autant de mondes parallèles, ceux de la création, ceux d’une autre vie qui pourrait être mienne si le frisson s’intensifiait, si la fièvre montait pour de bon, si je cessais de céder à l’envahissement et aux sollicitations du monde, si je cessais d’avoir peur. Si j’acceptais la mise à l’écart volontaire et pensive, la mort au monde, un instant, un risque. Si je saisissais l’élan. J’ai arrêté l’ipod dans le train pour une histoire de cable perdu et de flemme de renouveler les chansons. Mais, ailleurs, je n’arrive pas à me concentrer sur la musique, car tout dans le décor autour de moi est déjà colonisé (et trop habité), étrangement fixe et statique. Le mouvement de l’aspiration manque, cet alignement hypnotique des rails et des tags sur les murs du métro, cette danse, cette rythmique.
Ces chansons sont donc autant de mondes perdus.
Sur un gros grain noir et blanc, un homme aux sourcils noirs – qui tranchent avec sa chevelure blanche – grimace et s’agite derrière d’épaisses lunettes noires et carrées. Ces lunettes sont célèbres, au moins autant que l’homme qui les porte, puisque c’est Martin Scorsese himself. Mais c’est Woody Allen que l’on croit voir d’abord, tant il parle fort, hésite, semble mégalo, exigeant…C’est que l’homme prépare la captation d’un concert de charité donné par les Stones au Beacon Theater de New York. Exercice périlleux de spontanéité, d’autant plus qu’il ne parvient pas à obtenir le set dans le bon ordre. Du reste, il ne l’aura que 5 minutes avant les premiers accords…(et l’on assiste avant cela à la sélection des morceaux par Jagger, hésitant, dosant entre les tubes et les chansons moins connues…)
Shine a light est donc un concert très très privé des mythiques Pierres qui roulent, filmé par Scorsese. L’univers un brin clinquant, magistral, rappelle sans équivoque celui du génial Casino, les vitraux de chapelle de Las Vegas de l’arrière plan instaurant une ambiance mystique quasi religieuse qui sied parfaitement à cette « apparition » des dieux du rock…C’est une religion, une mystique, voilà ce que nous dit le film. Il faut voir le clan Clinton se presser pour saluer les idoles avec adoration. Scorsese lui-même n’est pas en reste de cette fascination, qui n’ose pas contrarier Mick Jagger. Un brin nostalgique aussi, le film propose en « entractes » des séquences d’interviews exhumées des archives du groupe, particulièrement de leur période la plus déjantée, celle durant laquelle, entre défonce et liberté sexuelle, les géants Stones défrayèrent la chronique de l’Angleterre puritaine (on savoure cette séquence télé qui met en scène la confrontation de Jagger, en tunique indienne, cheveux longs, déjà bien chargé, face aux tenants de la bienséance de l’époque : prêtres, philosophes et politiques, convoqués en exorcisme face à l’énergumène…).
Au-delà du plaisir du film (si vous n’aimez pas le rock, si vous n’êtes pas fan des stones, n’y allez pas par curiosité, ca dure 2 h 15 et ca joue fort…), ce que j’ai retrouvé, ce sont les racines de mon amour du rock. Un amour filial. Une passion pour le rythme, le son, qui remue le cœur et provoque une décharge d’adrénaline. Cette joie profonde, violente, cette excitation rebelle. Une nostalgie aussi, de « Get yer ya ya out » tournant sur la platine (la vraie, qui faisait crac crac, le diamant, Face A/Face B) de mon père. L’odeur du vinyl poussiéreux. Le gros casque qui tombait tout le temps. La maie en bois qui s’ouvrait par l’avant et le combi laser/vinyle de mon père. Les soirées d’été de collège à explorer ces trésors (Malicorne/ Ma Kelly and the Greasy Spoon / King Crimson surtout). Les mains de mon père qui frappait la volant en rythme sur la route des vacances (mon père est l’inventeur de l’Air Guitar, champion toute catégorie en indoor) et les blind test sur les Stones, les Who, Crosby, Stills etc. ou encore les Eagles. Une mythologie. Une passion pour Jack Kerouac, le rêve américain, le blues, les guitares, cette liberté d’une Road 66 sur laquelle tout était possible...que le rock symbolisait si bien. Qui nous a tant imprégnés, mon frère et moi, que cette passion continue de nous animer du fond des tripes. Lui est même un excellent guitariste qui fait la joie et la fierté de mon père quand il assistait, au premier rang, au concert de son fils maitrisant avec brio le solo de Thunderstruck (AC/DC)… Allez, on lève l’index et l’auriculaire, on lâche ses cheveux et on se fait un petit Gimme Shelter…
Or donc l’Homme et moi avons visité la Toscane pendant une semaine.
Si l’on excepte le fait qu’Air Fronce nous a surbookés à l’aller (« Madame peut monter mais pas Monsieur »…pardon ?????) et qu’on a atterri sur le flex et sous une pluie battante à Pise (où l’orage grondait dans une ville déserte, hum, sous un ciel bas et lourd, alors qu’à Paris c’était super shiny), et failli se tuer en s’écrasant (ben oui, quoi, c’est trèèèèès dangereux l’avion), ce fut un voyage très romantique et assez hors du temps…
Phil a agrippé le Guide du Routard et ne l’a plus lâché, le brandissant nuit et jour, conspuant à tout propos le Guide Bleu, le Guide Vert et autres, citant chaque page, déclamant les Où dormir, Où manger, Par la route…. Une vraie passion est née. Quand il m’avait fait le coup à Bruxelles, commentant chaque façade (attention, à lire avec un ton de curé de la messe de Pâques en province : « ce…..magnifique….. bas relief…. du….16e siècle) et m’entrainant dans les faubourgs de la ville (alors qu’on aurait été si bien à baffrer du chocolat dans le centre) j’avais cru à une passion passagère, mais que nenni. Phil est en phase avec le Routard. Comme lui, il a des embruns dans les cheveux, un petit côté roots, comme lui, il veut découvrir la vraie vie des autochtones. Comme lui, il est atteint d’une paranoïa très X-Files qui l’entraine à penser qu’on nous CACHE DES TRESORS CACHES. Comme le Routard, donc, Phil fouille, ouvre toutes les portes, va dans tous les culs de sac…En général, et c’est bon à savoir, les portes fermées cachent des extincteurs, pas des Raphael. Comme le Routard, Phil explore les ruelles (dans lesquelles il convient de se perdre, croyez quand même pas qu’on va se farcir les musées comme ces crétins de touristes, non ?) C’est comme ça que pendant que ces crétins de touristes succombent au syndrome de Stendhal devant les annonciations de Fra Angelico, nous, on pataugeait dans les ruelles sombres et glissantes de pluies, accrochés à notre parapluie. A un moment, quand même, dans une ruelle toute sombre et pleine de mousse et de papiers gras, à Sienne, j’ai, en quelque sorte, « loosé mes nerves » et ai commencé à me rouler par terre en hurlant que je voulais rejoindre la civilisation, que j’avais froid et faim et zuuuuuut, piétinant tous mes principes (qui consistent le reste du temps à ponctuer toutes mes phrases par « Mon amour ». Je vous le recommande, on obtient tout ce qu’on veut. Attention, il faut garder un ton d’hôtesse de l’air ronronnant. Faites l’expérience, c’est radical : « Il est tout pourri cet hôtel, je refuse d’y rester, t’es vraiment un gros radin pourri, Mon Amour ». Ca marche. Juré.) Et pour ceux, que ça a interpellé, une petite histoire sur le syndrome de Stendhal. L’écrivain, sortant de l’église Santa Maria Croce de Florence, se sentit soudainement faible. Ses jambes se dérobaient, il avait du mal à respirer, se sentait oppressé. Il s’assit donc sur une marche et y lut un poème, cherchant à retrouver dans les émotions du poète celles qui l’étreignaient à l’instant. Il reprit ses esprits au bout de quelques minutes. Ce syndrome fut par la suite identifié par une psychanalyste italienne sous le nom de syndrome de Stendhal, crises de panique frappant les touristes dans certaines villes d’art (principalement Florence), au contact d’un trop grand nombre d’œuvres magnifiques, religieuses ou mystiques, au point de créer une crise psychique violente. Il frappe principalement les jeunes femmes sensibles et créatives.
Et tenez-vous bien, le Routard y consacre tout un paragraphe, vous mettant en garde contre ce drôle de syndrome. Phil me l’a lu à haute voix et a eu l’air tout préoccupé. Ben oui, quoi, c’était dans le Routard, quoi.
Pendant mes vacances italiennes, les bouchons à l’entrée et à la sortie de Florence – parfois sous un genre de crachin dégueulasse, voir des trombes d’eau – ont beaucoup énervé Phil, qui pensait Dolce Vita, soleil, chianti, Monica Vitti et pas périph’ bouché, pollution, radio pourrie, essuies glaces.
Alors pour adoucir son humeur et sa conduite (tout au frein à main, pour manifester son mécontentement), j’ai décidé de lui faire la lecture (ça le berce). Comme je suis une nana extrêmement prévoyante (qui ne sort jamais sans un spéculoos de survie, par exemple, ou des lingettes démaquillantes, ou un briquet alors qu’elle ne fume pas, toutes choses qui lui seraient fort utiles en cas de guerre nucléaire ou d’attaque des chinois), j’avais justement dans mon sac King Kong Théorie de Virginie Despentes, en cas….d’attente.
Elle y développe avec une véhémence certaine sa théorie sur le féminisme, la pornographie, les phallo-miso-macho, le seske, bref.
Au milieu de ce pamphlet ancré dans une histoire personnelle douloureuse, puis une revanche, souvent jouissif dans la forme (ca parle cru, ca taille, ca tranche), l’auteur livre son analyse du film King Kong et des rapports de la Belle et de la Bête, entre animalité, sexualité et société des hommes. Elle y explique ainsi que ce n’est pas la sexualité qui est en jeu dans cette histoire. Entre la belle et la bête, point d’attraction sexuelle, point de sexualité, point de genre, point de séduction. Le Singe, selon elle, est une femme. Le Singe, c’est aussi la Femme dans la belle. C’est le côté sauvage, pur, naturel, ancré de la femme. Sa force, sa plénitude, son éternité. C’est à cette Femme sauvage salvatrice que l’Homme essaie d’arracher la Belle. La ramener à la civilisation et à son rôle, l’y enfermer, tuer la Bête immonde puisqu’il n’a pas réussi à la dompter, à l’asservir, à en faire le jouet de ses instincts mâles. La pourchasser, puis la tuer. Et épouser la belle, désormais débarrassée de la force qui lui permet de vivre sans lui et de se suffire à elle-même. Ben, là, whaou. Alors que je termine en parallèle les Femmes qui courent avec les Loups, de Clara Pincola Estes, l’écho entre les deux théories me parait tout à fait pertinent. Cette personnalisation d’une psyché féminine ancestrale et fondamentale, sauvage au sens propre, salvatrice et essentielle fait particulièrement sens. Et je sais que ce billet fera plaisir à Virginia, qui milite si ardemment pour la préservation de la Bête Sauvage….
Bien. Le parcours de la flamme olympique a été un gros fiasco, nous dit-on partout. Un ratage complet. C'est pas grave, pendant ce temps là, on apprend qu'il devient méchamment fashion de porter un badge qui proclame notre conviction qu'"un monde meilleur est possible", nous classant catégoriquement dans la catégorie des idéalistes forcenés déglingos qui n'ont peur de rien. La Chine peut trembler, moi je vous le dis, attention, on porte des badges. Je pense meme aller plus loin en lançant une série de badges révolutionnaires et carrément téméraires parmi lesquels : "non à la violence", "la guerre c'est mal", "la mort je suis contre", "si y'aurait moins de pauvres, y'aurait moins de misère (ça, c'est pas de moi), "la maladie, il faut lutter contre". J'espère comme ça dénoncer un maximum de méchants et rassembler plein de gentils avec moi...
Bon pour ton poil est blogger, il bloggue en Suisse et je ne l'aime pas (j'aime déjà pas Olivier Martinez, c'est dire) parce qu'il est plus drôle que moi, puisqu'il dit, à propos des badges aussi :
"Les Bisounours complotent pour envahir le monde. Ils ont déjà tenté de
prendre le contrôle de l’Elysée, mais il y a encore du boulot. Ils sont
organisés, dangereux. Leur but, instaurer la dictature du trop mignon."
C'est ici : www.bonpourtonpoil.ch et c'est hilarant...
Hum, je me demande si j’aurais du tant insister pour envoyer certaines de mes copines sur meetic et leur prodiguer (à une du moins, les autres avaient l’air d’en savoir autant que moi) les conseils nécessaires pour fasciner les hommes (le premier et pas des moindres étant de les regarder avec des grands yeux et par en dessous et de leur répéter inlassablement qu’ils sont les plus beaux et les plus forts et les plus intelligents, le second étant de parler comme si tous les mots étaient brulants, mais bon, à consommer avec modération et parcimonie, ils se lassent et puis ca finit surtout par être louche)…Je me demande, donc, parce que samedi j’ai vu une de ces amies, donc, et sa rencontre mythique dont elle est très contente et qu’ils ont passé l’après midi à se donner la chantilly à la becquée en gloussant et en ronronnant sur les banquettes d'un vrai café parisien comme des ados… à tel point que, célibataire pour le week end (Phil est parti à l’assaut d’une montagne, loin là bas je sais même pas où, de temps en temps j’ai un texto hyper enthousiaste sur le soleil et la neige et le goût effort et la glace, bon, il est pas mort, c’est déjà ça, j'hésite à lui renvoyer des textos sur MTV et On a échangé nos mamans et le goût de ne rien faire devant la télé), j’avais l’impression d’être une vieille tante de province cramponnée à sa médaille, roulant des yeux effaré devant ce comportement indécent. Tss. Les errements et les folies de l’amour ne sont plus que littérature, hum, il est vraiment temps qu’on prenne un chat, histoire que je retrouve ce goût de la passion du début …
Plein de mois difficiles, froids et sombres, entrecoupés de pelotonnage sur canapé le dimanche après midi, de soirées de filles pendant lesquelles on parle de boulot surtout, trop de boulot, tiens d’ailleurs (d’autant plus que tout le monde sait qu’on est célibataaaaaire et en profite grave….on est toujours la dernière sous la loupiote, la clope au bec, le mercredi soir, à faire des mails de récap que les autres liront le lendemain, là, ils avaient Hortensia à choper à la maternelle). Plein et trop de soirées solitaires devant une soupe ou des sushis et les Experts… Trop de dîners hyper sympas jusqu’à des 23 h 30, dans lesquels on est la n° 5 ou 7 ou 9 (un truc impair, quoi), quand c’est pas la n°3 (misère), entourée de couples qui parlent parquet et crédit et baby cook et traiteur et pendant lesquels on mesure douloureusement qu’on les adore mais que le chemin qui reste à parcourir pour leur ressembler semble infini et infiniment long…
Bientôt l’été (me dit le calendrier des Postes, pas ma bannière de ciel gris et mouillé par la fenêtre au bureau), les bières en terrasse et la douceur rose de Paris en soirée, hum, les oiseaux qui gazouillent dans l’air du soir et les pique niques arrosés, l’air chaud par la fenêtre de la chambre, la soie glissant sur une peau moite et les week end de mai… hors de tout bridgetjonisme, l’humeur de mes copines célibataires se ressent de cette lente sortie d’hiver.
Je les comprends d’autant mieux que j’ai vécu exactement la même chose il y a deux ans, quand ce célibat sympa et libérateur et volontaire a commencé à me peser, comment dire, horriblement lourdement. Je me disais ok, j’ai pris la bonne décision, plutôt seule que mal accompagnée, comme on dit, je vais me reconstruire et faire des choses pour moi, m’épanouir, ahah, il est pas né celui qui, etc. Bon, c’est ce que j’ai fait, pendant 6 mois. Du sport (mal, je crois). Du ménage (suffisant, croyais-je) dans ma tête, de la prise d’indépendance façon guerrier masai dans la jungle urbaine (loyer, assurance, taxe d’hab, vis de machine à laver, j’ai tout géré comme une grande, n’est-ce pas Papa ??).
Reconstruite, je l’étais, presque. J’avais la rage du tigre. Lassée du célibat et prête pour le grand amour (again ?) aussi. Mais où était-il ? Je sortais, je picolais, je faisais la fête, j’acceptais toutes les invitations (on ne sait jamais). Me couchait à pas d’heure. Partait toute seule en vacances (Rahan, j’étais devenue, je vous dis). Avec la peur viscérale de ne jamais rencontrer le bon. Avec, tapie au creux du ventre, l’idée que j’étais peut être maudite, condamnée, damned. Quand toutes mes copines maquées/ mariées me disaient, pleine de sollicitude « mais tu vas trouver, tout le monde trouve ! », je n’en étais pas sûre. Je me disais que ça existait, quand même, les vieilles filles, et pas que dans les livres. Que j’allais peut être en être une. Que j’étais un cas désespéré. Que j’aurais jamais d’enfant ou alors toute seule à la Banque du S. De plus en plus de mes copines adorées trouvaient des chéris, et des biens en plus, ouais. J’étais contente pour elles et en même temps je trouvais ca injuste et puis, bon, c’était un de moins sur le marché quoi. J’avais l’impression d’être revenue en 4e5, quand on me choisissait toujours en dernier en EPS pour l’équipe de hand ball (sport pour lequel en dépit d’un héritage génétique considérable venant d’un père champion, je n’ai aucun talent, voir je suis une GROSSE NULASSE)…
Un p’ti miaou de 2 mois ½, abandonné sur l’autoroute des vacances, voilà ce que j’étais… miaulant sous la pluie et des gouttes tombant de mes petites oreilles duveteuses, avançant à l’aveugle, presque, entre des grosses voitures aux pneus crissant…
Bon, tout le monde pleure là ? C’est bon ??
Rassurez-vous, foules sentimentales, il y a une happy suite.
Parce que je l’ai trouvé, complètement par hasard, mon chéri super bien. Bon, j’ai même été le chercher direct chez le producteur (j’ai pris le plus costaud de la portée… enfin j’ai pris celui qui est venu vers moi spontanément en frétillant, enfin, celui qui avait la meilleure bouille…). Mais les fées des milieux bien informés disent que si j’avais attendu qu’il me rappelle, je serai probablement encore en pension au Heartbreak Hotel… et que j’ai bien fait, de, hum, forcer un peu le destin. Ben oui, les girls, comme nous l’apprend si bien ce formidable film si juste qu’est Tout pour plaire, passé trente ans, pour les garçons, c’est Disneyland tellement les filles veulent à tout prix se caser. C’est donc la guerre, les filles, pas de quartiers, faut attaquer. Leur casser les genoux dès qu’ils sortent du nid. Les gauler à la massue…
Ceci est donc un message d’espoir et de motivation, mes sœurs (je rêve d’ailleurs d’une chanson d’inspiration Heal The World pour toutes les célibataires du Monde, je vais y réfléchir). On le trouve, le bon. Faut juste être un peu patiente. Et forcer un peu le destin parfois (c'est-à-dire appeler, rappeler, secouer le cocotier, parler à tout le monde en soirée…). Courage. Vous n’êtes pas seules.
Ma copine Djou, du Canada, a l'immense bonté, et le bon sens écolo décomplexé et sain qui me manque sur le sujet, de me suggérer d'expier mes kilomètres aériens en plantant des arbres, ici : http://www.treesftf.org/involved.htm
Elle a raison, la solution est là, dans la compensation, dans l'équilibre, pas dans la flagellation bonne consciensante environnante. Ne pas changer de vie à tout prix (parce que ce n'est pas possible et qu'on en a pas envie et que du coup, la belle affaire, on ne fait rien), mais compenser, alterner (c'est bien le concept de l'alter, hein), réduire, réparer. Compenser ses mauvais gestes et meme un peu plus pour que la balance soit positive au final....