The maledikcheune
N'en déplaise à ceux parmi mon (nombreux) lectorat qui sont affublés de moutards de diverses tailles et âges et trouvent ça mégagénial d'élever des petits d'hommes pour le bien de l'humanité, l'Homme et moi subissons depuis notre rencontre une malédiction épouvantable qu'il me soulage de partager.
Où que nous allions, à partir du moment où c'est un endroit dont on ne peut pas trop s'enfuir (train/cinéma/avion/plage), dès que nous sommes installés, c'est systématique, un ou plusieurs gamins démoniaques et leurs parents débordés se collent à nous immédiatement.
La semaine dernière, en villégiature estivale au bord de l'eau dans le Sud (trad = ayant passé une semaine à cuver le cubi de rosé pour faire glisser l'anchoiade sur la plage), le destin s'est acharné.
Le mardi, tiens. A peine avait-on posé un coin de fesse sur nos serviettes (précautionneusement de bonne heure et au beau milieu d'une plage à presque déserte) qu'un placide maitre nageur est arrivé, flap, flap (bruit des tongs rouges, signe du devil sans doute), trainant une ligne d'eau. L'Homme a levé un sourcil derrière le Canard. Le maitre nageur est entré dans l'eau. Il a posé sa ligne à 10 mètres à gauche de ma serviette, a décrit un arc de cercle puis a terminé de la poser à 10 mètres de la serviette de Phil). Puis est reparti. Phil avait pas reposé sa tête que 50 gamines sont arrivées en hurlant et en se tirant les nattes devant nous, où elles ont commencé à s'ébattre... Le reste de la plage était toujours désert.
A plusieurs reprises, du reste, la malédiction a frappé : plage à moitié déserte, Phil et moi, bien installés. Ouiiik, bruit infernal de poussette précédent invasion de famille allemande de 4 enfants qui commencent tout de suite à chouiner, avant de passer carrément aux hostilités...en sautant sur leur mère tous ensemble (la pauvre essaie de se défendre et proteste mollement alors que les monstres s'assoient sur sa tête en riant comme des damnés et elle, elle dit "Kevin, oh, Kevin arrète, tu fais mal à Maman, pendant que l'autre rigole encore plus en lui mettant des claques sur les fesses ?!?)
Le samedi, dans le train, en 1ère, c'est Ainoha, 18 mois, qui a passé le voyage à nous traiter de "crotte de caniches" en riant comme Chucky depuis le siège avant, nous filant des coups de pied par en dessous et parcourant la rangée en tombant tous les 3 mètres (boum/ pleurs interminables/consolation bruyante de maman via paquet de chips/ cracracrac/bruits de courses/hurlements genre croates massacrés par les serbes...). 4 heures ça a duré.
Lors de nos dernières vacances, dans l'avion du retour, alors que j'égrennais des Pater Avé en caressant une patte de lapin, déja, dans un coucou bourré de business man (le Sienne/ Paris de 18 h 10 un vendredi), on s'était retrouvé derrière les seul môme de l'avion, qui avait passé le voyage à dire "On va s'écraser Papa dis Papa dis hein et c'est quoi ce bruit bizarre Papa c'est les ailes qui marchent plus"...??
Moi la seule chose que je voudrais savoir, c'est si tous ces gens ont un jour dit, en se regardant dans les yeux avec connivence, "nous les nôtres, ce sera pas pareil, laisse moi te dire".
