La ruée Vélib...
Ce matin, j'avais, par chance, un rendez-vous professionnel dans Paris (ô joie, lorsque l'on sait que mon agence est située en banlieue, chic, certes, mais pas très accessible).
J'ai donc quitté mon appartement d'un pied léger ce matin, assez tard, pour aller à la station de Vélib qui est "cachée" dans la rue derrière chez moi, et qui est une des seules à laquelle on peut encore trouver des vélos disponibles (et oui, au pied de Montmartre, il n'y a jamais de vélos, les parisiens sont de gros fainéants, ils descendent en vélib et remontent en métro). J'ai enfourché la merveille et pédalé joyeusement, tadaaaaa, la jupe au vent, très en avance, jusqu'à mon rendez-vous, et atteri Gare de Lyon à 9 h 30 pour un rdv à 10 h. Sur le chemin, j'avais constaté que la plupart des bornes débordaient de vélibs : ouah, les veinards, m'étais-je dit (bètement), la chance, tous ces vélibs, comme ça... Tutututut. A aucun moment je n'ai fait le rapprochement : borne pleine = pas de possibilité de rendre son vélib. Et aux abords de la gare, jusqu'à Bercy même, le long du Quai de la rapée, pas une seule borne disponible. A perte de vue, à toutes les bornes, des milliers de vélos rutilants, en rangs serrés, agressifs, avec leur petites lumières vertes qui me narguaient, campés sur leur 18 kg de ferraille inutile...tandis que, de moins en moins fraiche, de plus en plus rouge et surtout de plus en plus enervée, je pédalais comme une mouche ivre dans toutes les rues avoisinantes pour trouver une satanée borne qui ne soit pas pleine. J'ai trouvé, à 10 h 15 et au niveau des Filles du Calvaire, une borne. Et suis repartie à mon RDV en bus. Suis arrivée en retard, essoufflée, limite suante... et désolée.
Alors bon, je veux bien m'encarter Vélib, je veux bien être bobo/écolo/pédalo, je veux bien chercher un peu, je veux bien partir plus tôt... mais franchement... y'a personne, chez vous, à la Mairie, pour regarder ça ? Y'a pas des petis boulots de surveilleurs de borne à créer ?
Non parcqu'à l'inverse, ce week end, Phil et moi nous rendions à un gouter dans le 17e. Par une absurdité inexplicable, nos deux dossiers d'encartage ont été envoyés le même jour, mais Phil a reçu sa carte 10 jours après moi, soit...hier. Donc dimanche, nous avons trouvé assez vite des vélos à la borne magique. Sauf que le sien était dégonflé. On l'a rendu à Place de Clichy. On a voulu en reprendre un, mais les bornes étaient prises d'assaut. Attention : une prise d'assaut en Vélib reste toujours d'une extrème courtoisie. Le phénomène est d'ailleurs assez amusant : le vélib est un truc de bobos. Bon. Un truc de gentils idéalistes urbains, qui voudraient un Paris sans voitures, sans pollution et sans bruits et pour qui le vélib est un (toute petit) acte militant. Du coup, cette non violence, ce coté hyper cool se retrouve aussi aux bornes. C'est de une nouvelle forme de lutte urbaine : ceux qui sont munis de cartes ne passent pas par la borne, mais vont directement au vélo convoité, badgent et toc, se tirent avec le vélo. Imaginez alors la scène : 4 personnes (sans carte) piétinent à la borne derrière un néophyte qui ne sait pas se servir de la borne, annule, recommence, se trompe dans son code, appelle le PC, etc... Ils ne sont pas inquiets : il y a des vélos à la borne, ils seront à l'heure au ciné.
A ce moment là (celui où deux d'entre eux viennent de penser à étrangler le nul pour le piétiner sauvagement), 4 personnes surgissent du diable vauvert, bipent leurs cartes et prennent les vélos en souriant gentiment (on est bobo ou on ne l'est pas) et avec comisération, aux pauvres malheureux excédés. Enfer et damnation. Le scénario s'est reproduit 10 fois dimanche. Phil est descendu à pied, moi, fermement accrochée à mon vélib, slalomant autour de lui. Certes, c'est un grand sportif. Et un grand calme. Mais on milite quand même pour l'introduction d'un code de bonne conduite ("A la queue, comme tout le monde; grognasse") aux bornes Vélib.
Enfin, on militait. parce qu'hier au soir il a réçu sa carte. Hinhinhin. Maintenant ce sera No Mercy. A nous les vélibs...
Et vous, ca se passe comment le vélib ? On monte une assoce ?
Comments
A feucherolles des Vélib on en a pas donc on est pas emmerdé.
Et toc
Sinon c'est vrai aussi que il y a beaucoup de cordialité aux stations. L'autre jour j'ai tiré à pile ou face le seul vélo qui restait. Je voulais lui laisser au gars, mais j'ai gagné et c'est moi qui ait pris le vélo :)
...une petite idée : créditer de points "vélib-sportifs", les cartes de ceux qui prennent les velib entre deux bornes à la déclinaison positive;-) (genre Barbès jusqu'en haut de Montmartre...) et inversement matraquer les unités de ceux qui descendent... je vais proposer ça vite fait à Decaux ça pourrait même permettre aux sportifs en herbe de compléter leurs fin de mois : en ne faisant que des montées, et toujours en crédits excédentaires ils pourront les réclamer à velib et se faire un t'it buiseness, Pédaler plus pour payer moins...c'est une piste par les temps qui courent..
Pour illustrer ta recherche désespérée d'une place, j'ai un ami qui n'ayant jamais pu trouver des station vélib dispo autour de la gare de lyon où il prenait le train, a dû se résoudre à le laisser accroché à un poteau pour partir à l'heure ... facture au retour : 120 euros . Hum, j'aime le taxi :-)