Jungle Fever
Ce matin, je me suis encore jetée (on s'est encore jetés, Phil et moi) à bas de notre lit dès potron-minet...
Objectif : se laver, s'habiller, se coiffer, petit déjeuner et se laver les dents à toute vitesse pour arriver pas trop tard, essoufflés et mal coiffés, sur le quai du métro Anvers (station la plus touristique de Paris, mais oui), avant l'heure fatale de 8h15. Pourquoi ? Parce qu'ensuite, il y a DU MONDE dans le métro : sur les quais, dans les couloirs, dans les rames, sous les strapontins, PARTOUT. Phil s'en fout, lui, du haut de son 1,97 m, il a la tête dans les nuages, loin de l'agitation, il fait juste en sorte d'éviter les oiseaux migrateurs, en ce moment...Du coup, je voyage, quand j'arrive à partir en même temps que lui, accrochée à sa chemise, littéralement cramponnée, dans la même posture que le bébé trimballé en kangourou. je laisse aux psys de comptoir le loisir d'analyser cette perversion déviante...
DU MONDE, ça veut dire des tonnes de gens entassés, agglutinés, le visage collé à la vitre, l'air exaspéré. Et, à chaque station, des gens qui poussent, tirent, pestent, écrasent pout sortir avant que d'autres gens ne poussent, tirent, ralent, piétinent pour entrer.
J'ai entendu dire que la RATP s'apprétait à lancer, sur certaines lignes, une campagne contre les "incivilités". Je trouve le mot un peu faible, hein... Il y a, concentrée dans le métro, une incroyable violence sociale, que l'on ne soupçonnerait pas sur cette Ligne 2 proprette (après Place de Clichy, notamment, quand elle traverse le triange d'or...) En fait, ce qui le fascine et me terrifie, c'est à quel point ces situations d'"inconfort" réveillent le pire chez moi et mes concitoyens (voisins, qui plus est). Chacun pour soi, moi d'abord, à la va comme j'te pousse... Je me dis qu'en cas de problème (explosion/attentat/incendie), ces mauvais instincts seraient décuplés, que l'égoisme prendrait le dessus et qu"on finirait tous comme sur le radeau de la méduse... Qui n'a jamais vu, en effet, 2 ou 3 businessmen déterminés, s'approcher à grand pas d'un wagon plein à craquer, se retourner pour monter en marche arrière et se faire de la place en s'appuyant, dos aux autre voyageurs, sur les montants de la porte ? De quoi s'agit-il ? De quoi parle-t-on en fait ? De liberté ? De droit ? (J'ai le DROIT de monter, pourquoi les autres et pas moi, pourquoi laisser ma place ?). Dans ces cas là, en général, je descends et j'attends le prochain métro, épouvantée à l'idée de mourir écrasée au ras d'un tas de cuirs chevelus sales et d'ongles douteux. En me promettant, un oeil sur la montre et l'autre sur A nous Paris, d'acheter un scooter. Mais les gens sont tellement mal elévés au volant...
Alors, Chéri, c'est pour quand la campagne dans le Sud ? :))
