Guide (spirituel) du mariage
Bien, bien.
Après des mois d’un lobbying intensif dont le succès me fait regretter de n’avoir pas davantage insisté pour me trouver un poste à la Commission, l’Homme m’a très adorablement et officiellement demandé d’être sa FEMME (la femme de l’HOMME, donc). Ce qui est beaucoup plus classe que de l’épouser, je trouve… Phil et moi allons donc nous unir, tadam, devant monsieur le maire, puis devant monsieur le curé, encore plus tadam.
La réussite de l’opération « harcèlement » est si totale que mes copines et collègues m’ont conseillé d’écrire un livre afin de partager ma technique. J’hésite encore, même si les royalties pourraient certainement m’être profitables (une robe de mariée coûte la peau des yeux, pour un bout de tissu qu’on met 1 fois et dans lequel on ne rentre plus jamais, mais qui s’étiole gentiment – avec nos idéaux sur l’HOMME en question, dans la naphtaline, merci… bref).
La joie passée, l’ampleur de la tâche m’a sauté aux yeux.
(Et je ne parle pas de ce rêve dans lequel le maire nous disait, depuis un siège de juge de tribunal : « vous êtes mariés » avec un bouche énorme et toute rouge et pleine de dents et en nous postillonnant dessus et qui m’a réveillée en sursaut et en sueur… aheum).
Pourtant, sur le plan de l’organisation, les soutiens et bonnes volontés sont nombreux (notamment au sein de la famille, enfin disons, de nos chères mamans, que le projet a tout bonnement galvanisées ). Au bureau, en ville, tout le monde s’implique, interroge votre robe, vos couleurs, votre musique, votre traiteur… Vous vous sentez follement important, désirable, romantique. Votre mariage est une affaire d’état. Cela devient très tentant, d’ailleurs, de péter un plomb pour devenir complètement tyrannique et mégalo…En ce sens, les centaines de guides, magazines, bouquins, sites internet qui fleurissent vous flattent les mauvais instincts. On traque le détail, on surenchérit dans le cucul, on met des cœurs roses partout et des bons sentiments en veux-tu (en voilà)… on vous gave de conseils et d’avertissements (gare au retardataires, attention aux faux pas…). Leurs forums sont squattés par des minettes hystériques (et un peu débiles).
Bref, c’est l’horreur.
Mais surtout, cette aventure dans laquelle vous vous embarquez à deux (avec courage, je crois), devient un truc banal et inintéressant.
Car cette littérature et plus généralement, notre société (surtout en période de crise) veut nous faire croire que le mariage, c’est surtout une affaire de centres de table et de bons sentiments.
Alors qu’en fait, c’est un engagement spirituel, physique, psychologique sans égal pour lequel il n’existe aucune littérature… Pour preuve : en bonne littéraire, à peine l’Homme relevé de sa demande (au champagne s’il vous plait), j’ai couru à la Fnouc me munir des tous les guides et bouquins nécessaires à la préparation de cette nouvelle vie (et non de ce grand jour).
Rien.
Rayon mariage, certes, mais aussi rayon Psychologies, Guides Spirituels, Guides Pratiques. Rien. Esotérisme ( ?). Rien. Cuisine, bricolage, jardinage ? Tourisme ?! Rien. Des guides sur les centres de tables, réalisez vous-mêmes votre robe (mais ouais), des faire parts par millier, etc, etc.
Mais de livre sur l’engagement, sur le don de soi, sur la relation à l’autre, sur l’accord, point.
Je me propose donc d’inaugurer ici une série de billets dédiés qui vous feront part, au fur et à mesure, de mes réflexions sur ce sujet…
Et qui sait ? Peut être matière un jour… à un livre ?
Régine Pernoud, c’est moi.

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