Chers amis connus ou inconnus de ce lieu étrange qu'est ce blog, je dois vous dire que je me suis fait rappeler à l'ordre par la vie, la réalité, tout ça. J'avais tranquillement réussi à me barrer très très loin dans ma tête, sur le plan du sujet, de l'être, là où l'on veut changer le monde et où la vérité est ailleurs, et puis, patatras, me voilà convoquée sur Terre. La surprise (appellons ça le choc, ce sera plus honnête) de ce retour violent passée, je me suis dit que cela n'est sans doute pas mauvais en soi, je devais bien 'revenir' un jour.
C'est quand on revient qu'on mesure le chemin parcouru. Des années de travail, d'acharnement, de doutes, d'aventure ... intérieure certes, mais pas moins ardue et moins dangereuse. Finalement la vie sur terre est sympa, je suis revenue riche d'un tas de choses et assez décidée à me lancer de nouveaux défis. Il est vrai qu'il est impossible d'attendre d'avoir fini son exploration intérieure avant d'agir. J'ai l'impression d'avoir gagné du temps ... un temps précieux, chatoyant, dense, unique, qui sera toujours quelque part en moi.
Le plus drôle, c'est que jusqu'à maintenant je ne comprenais pas très bien la distinction entre le plan de l'objet (celui de l'avoir, de la 'réalité' de tous les jours, de l'univocité), et celui du sujet (de l'être, de la multiplicité des significations ...). C'est en revenant que j'ai saisi la différence de nature de ces deux espaces, et que j'ai aussi - enfin - compris qu'il y avait des gens qui ne quittent jamais le plan de l'objet. Ce sont les gens 'normaux', que j'avais tellement de mal à comprendre ... avant de me barrer dans les étoiles :)!
Je pourrais aussi bien titrer ce post 'Pelouse au repos' :). J'ai envie de vous parler aujourd'hui de ce qui est beau, rare, vrai, de ce qui prend des risques pour exister, comme toute chose réellement vivante.
Cela vient par comparaison avec ce que j'ai fini par détester: l'autre figure du bobo, le 'faux rebelle' comme dit l'un de mes amis, le postmoderne, le 'radical chic', le bien-pensant grinçant, à qui ses traits d'esprit servent pour masquer le vide existentiel et le vertige du non-sens courant. Passé maître dans l'art de tourner en rond dans ses repères intellectuels, il me fait l'effet de quelqu'un qui aurait mangé trop de chocolat et qui en blâmerait la méchanceté de la condition humaine. Non non non, s'en prendre à Marion Cotillard ou à Alain Delon ne fera pas de nous des gens meilleurs, ne sauvera pas la planète ni les dauphins, et ne nous avance strictement à rien en termes de liberté individuelle, d'humanité, d'aptitude à penser par soi-même ou à créer quoi que ce soit.
Je n'en ai pas après l'esprit critique - Dieu m'en garde! - mais par les temps qui courent il est beaucoup plus difficile d'être réellement constructif que de tourner en rond dans son petit espace urbain/mondain. Je trouve ça insupportable de se faire traiter de haut par des gens qui prétendent abattre des murs et des idées reçues en se calfeutrant bien derrière (exemple évident: les figures des 'minorités opprimées' et ...revendiquées, c'est assez consternant niveau honnêteté intellectuelle).
Il y a une épreuve très simple pour séparer le 'vrai' du 'faux', j'ai appelé ça dernièrement l'incarnation des valeurs : est-ce que la posture prêchée est intégrée à la réalité des faits. C'est facile, il suffit de voir le malaise généré par la distorsion entre le discours et les actes (oui, la gêne de 'la gêne' pour ne pas la nommer). Parce que les valeurs, c'est magique: c'est le combustible qui transforme la matière, et les gens. Et tant que les 'radicaux chics' de ce monde trouveront qu'il n'a pas de sens, ils sèmeront le désarroi et la déconfiture. En ce qui me concerne, je veux me ranger du côté de l'humain, du beau et du vrai, ici sur Terre de préférence. C'est un peu ma quête du Graal, mais quand on essaie de réaliser une réalité personnelle du monde*, la moindre des choses est de se débarasser en priorité des faux maîtres à penser publics. Ayé, c'est dit!
* C'est à dire un mode de vie où j'arrive, moi, à incarner mes valeurs, tout bêtement pour me sentir vivante et entière ...
C'est bien entendu le titre de l'album de Wax Tailor que je suis en train de découvrir sur deezer, mais ça colle aussi bien avec l'ambiance urbaine et les mini-événements de la journée jusqu'à maintenant.
Le plus marrant, ce midi, implique un strapontin de metro, une rame à moitié vide, un sandwich au thon, le dernier numéro de A Nous Paris, moi et deux jeunes traders en grande discussion. Assise sur le strapontin, avec mon sandwich dans une main, à feuilleter tranquillement A Nous Paris dans la rame à moitié vide, je me retrouve à regarder de très près les fesses de l'un des deux traders (heureusement il y avait entre nous la couche protectrice de costard cravate réglementaire, dans un très joli tissu gris). Ces 'gentlemen' étaient si pris par leur tchatche codée 'points de base', 'recovery', 'scrubs' et j'en passe, qu'ils n'avaient pas remarqué que j'étais ... là.
'Excusez-moi', je dis, pour marquer le coup, 'j'existe'. Stupeur et tremblements, ça marche! Ils s'éloignent, et continuent à discourir dans leur sabir bancaire. Je me marre, je me marre, je me marre.
Ca y est, j'ai vu l'expo Tiffany au Musée du Luxembourg. Pour tout dire, j'y ai même traîné des amis qui avaient beaucoup d'autres choses à faire. Par bonheur il n'y avait pas beaucoup de queue, et même pas beaucoup de monde, pour un dimanche après-midi.
Ce n'est pas une grosse exposition, dans le sens qu'il n'y a pas autant de pièces qu'à l'expo Lalique en 2007, mais quelle beauté! Autant vous dire d'emblée que les vitraux, les lampes et les objets exposés n'ont pas d'équivalent en Europe, et que c'est une occasion unique de les voir ici. Le travail sur la matière et la couleur est absolument incroyable, j'en aurais pleuré. La beauté, la lumière, la joie, un travail artistique et artisanal aussi poussé, ça suffirait presque à me rabibocher avec l'être humain.
D'ailleurs, la journée d'hier a été une journée de révélation de la beauté : le jardin céleste de Cluny, la fontaine Médicis au Luxembourg et les photos magnifiques de Lâm Duc Hiên sur le Mékong, le musée Carnavalet, Paris en somme, un Paris lumineux, riche, chatoyant ... Un Paris ludique aussi, un Paris magique ... Cela fait quelques jours que j'héberge des amis passionnés par la magie, alors j'ai droit à des tours en échange de l'apéro. Hier soir, en fin de balade, en découvrant avec eux au gré du hasard le Musée de la magie et des curiosités, c'était l'apothéose! Quel endroit incroyable, quelle énergie, et quel bonheur de partager ça avec eux, qu'est-ce qu'on a ri! Nous nous sommes follement amusés, comme on disait dans le temps.
Mais que m'arrive-t-il donc? Et si enfin, je permettais à la beauté, à l'amour et à l'amitié de nourrir mon âme? En même temps, écouter du Mozart en boucle sur deezer, c'est un signe :)!
Ca y est, c'est la rentrée, le bon vieux mois de septembre avec son lot de pluies, de froid et de soleil qui se couche plus tôt. A vrai dire, je n'avais pas tellement anticipé le changement de temps, et grâce à des vacances tardives j'ai de vifs souvenirs de soleil qui datent d'à peine quelques jours.
Mais ce qui me frappe le plus c'est l'inquiétude, la tension sourde, l'effort, l'attente. Dans la rue on voit les gens d'affaires en costume gris, la mine fermée, en discussion tendue, des dossiers sous le bras. Ce matin, dans le métro, deux femmes, des classeurs sur les genoux: 'T'as d'autres rendez-vous après celui-là?', 'Non ...', la mine déconfite ...
Heureusement que j'ai fait des stocks de lumière dans mon coeur cet été. Je compte bien les alimenter par du bien et du beau dans les longs mois qui suivent. Je commencerais bien par l'expo Tiffany au Musée du Luxembourg :) ...
Nan, ce n'est pas un post sur la communauté Marseillaise à Paris XD, c'est pour vous dire que mon quartier, c'est un peu du Pagnol. Enfin, d'une manière un peu stylisée quand même, un peu comme 'Rock à St Germain' (copyright 'Caroll', collection hiver 2009-2010), vous suivez? Y'a pas la mèreu, et Fanny n'a pas froid aux yeux, mais y'a plein de gens, et pas mal de petits commerces que j'aime:
1/ Ma petite boucherie préférée, oui là où les garçons bouchers sont beaux comme des Dieux et très mariés (d'ailleurs la caissière c'est la femme du patron, et elle les surveille bien) : eh bien eux cet été ils ont refait la boutique, parce que vous comprenez, ils ont refait le labo il y a deux ans, et c'est vrai que c'est quand même plus mieux comme ça. Ce matin les pros de la bidoche étaient à l'oeuvre dans leur labo, et les ouvriers encore dans la devanture, tout le monde avait l'air heureux, on s'est dit bonjour, ça fait plaisir.
2/ Le fleuriste Belche (et sa femme): enfin c'est moi qui pense qu'il est Belge, avec son accent, sa tête de lord anglais et son penchant pour les fleurs de saison (qu'il essaie de cacher, pour ne pas choquer la clientèle, il en faut bien pour tous les goûts, vous pensez bien madame). Quand j'achète chez eux, je me fais sermonner comme si j'adoptais des enfants : vous ne les mettez pas encore dehors, hein, il fera froid cette nuit, faudra beaucoup arroser, etc. Je trouve ça chouette: ils aiment leurs fleurs. D'ailleurs ils aiment bien les gens aussi, parfois on trouve dans la boutique leurs connaissances avec qui ils parlent de leurs amis communs, avec toujours cet air attentif et faisant mine de rien en même temps (je sais, c'est pas facile à expliquer XD).
Il a de l'humour aussi: on s'est mis d'accord la dernière fois que je lui ai acheté des fleurs que salade + fraises + sac à courses rouge à pois blancs, ca faisait été (il a diagnostiqué ça de son air concerné et pince sans rire). Ce matin, il était revenu de vacances, bien rouge comme on pouvait s'y attendre, avec sa camionnette ... et son caniche.
3/ Le pressing asiatique : j'ai pas osé demander de quelle origine exactement, mais il y a bien un autel des ancêtres dans la devanture, bâtons d'encens éléctriques et tout. Le patron change régulièrement les offrandes, qui ne sont pas en plastique. A ma grande surprise, un jour j'ai eu droit à des cerises de son jardin en allant chercher mes affaires nettoyées à sec. En toute simplicité, il a un jardin avec des cerisiers en plein Paris. C'est un peu surréaliste, mais après tout, c'est ça la vie.
Bon voilà, il y en a plein d'autres, mais faut bien s'arrêter hein. Bonne reprise où que vous soyez, et arrêtez un peu de faire la tronche, c'est beau aussi, l'automne :).
Parce que je ne peux pas laisser passer l'été sans poster sur cette parenthèse étrange, l'été à Paris.
Parce que j'ai plein de choses à raconter puisque cette année, tenez-vous bien, j'y ai vécu en touriste, grâce à ma famille qui est venue visiter la ville lumière, la capitale absolue du glamour et de la culture qu'est (ou voudrait bien être) cette bonne vieille ville de Paris. J'ai donc expérimenté ce que ça fait de mettre une heure entre la Tour St Jacques et l'Hôtel de Ville (allez, à tout casser, c'est 250m en ligne droite XD). Je vous assure, pour une Parisienne qui se doit de toujours savoir où elle va, c'est une sacrée épreuve. Et puis, finalement, quelle impression de diversité et d'immensité ça laisse! Paris, c'est bien plus qu'une ville, c'est un monde. Surtout quand à force de s'intéresser à tout et surtout à n'importe quoi entre la Tour St Jacques et le BHV Homme, on n'arrive jamais, mais jamais jusqu'au Marais (250m plus loin). Je suis restée stoique plus d'une fois, ou du moins j'ai essayé :)!
Bref, voici une liste non-exclusive de ce que j'ai aimé cet été à Paris:
1/ Les lecteurs de classiques : Proust, Maupassant, Tostoi ... C'est émouvant de les croiser dans le métro, ces gens un peu différents, qui au lieu d'être sur une plage en lisant un bon best seller, (re)découvrent les horizons de la grande littérature en plein été, en plein Paris ...
2/ Les businessmen qui montent ou descendent les escaliers deux marches à la fois, mais sans se presser. Mi-gamins, mi-adultes, c'est leur façon de vivre l'espace urbain un peu décalée, en auto-surveillance relâchée (ou alors de remuscler leurs fesses mais franchement j'en doute fort XD).
3/ Les touristes en short. Parce que les Parisiens ne croient pas au short, même par 40°, même pour aller pique-niquer, ils savent que ça ne va pas durer, qu'ils vont croiser leur chef, que les bureaux sont climatisés, que ça fait touriste.
4/ Le numéro de GQ d'août, acheté pour être lu en week-end à Cabourg (en double, si on a réussi à faire ça XD!). Lu finalement à Paris, où tout a beaucoup plus de sens : GQ conseille fortement aux hommes d'aller à la plage avec une chemise manches longues ... bleu ciel, éventuellement à petites rayures :)))) ... Voir ci-dessus pour le short en ville, d'un coup, tout s'explique.
5/ L'absence de Parisiens à Paris: parce que j'étais contente pour eux. Ils ont quitté la ville comme si leur vie en dépendait, foutu pour foutu, avant que la fin du monde arrive, ils auront passé de bonnes vacances.
Maintenant, ce que j'espère, c'est qu'ils reviennent de bonne humeur. Voeu pieux? J'en ai bien peur et c'est dommage!
« Personne ne peut vous faire sentir inférieur sans votre consentement. » Eleanor Roosevelt
C'est bien ça que j'étais en train de réaliser vendredi soir en marmonnant et en arrosant mes pieds de tomates : 'Mais pour qui me prenez-vous, bande de ploucs!'
Je pensais bien évidemment à mes 'fight clubs' : tyrannosaures, emmerdeurs, recruteurs, et à d'autres. Leur temps viendra, ca défoule et ça me fait marrer, alors pourquoi se priver.
Si ces braves gens se permettent de me prendre de haut, de m'expliquer la vie ou de m'étiqueter pour m'enfermer dans des boîtes, c'est que quelque part j'ai bien dû tendre la perche pour me faire battre, et pire, je les laisse faire. Et inévitablement, ça les amène à penser qu'ils valent mieux que moi, et que c'est tout naturel d'apprendre la vie à quelqu'un qui a douze ans d'âge mental. Que je fulmine intérieurement ou que je sois stupéfaite de leur bêtise, ca ne change rien, puisque je ne dis rien. Leur réalité n'est pas la mienne, ce qui n'est pas dit n'est pas entendu puisqu'il n'y a pas d'empathie possible.
Moralité, faut que je parle, ou alors que je me mette des claques pour avoir une fois de plus fermé ma gueule. Fight club ouanaguène XD.
Du coup, je parle, et là, miracle, on me dit que je suis très lucide sur ma position, et que j'en parle avec beaucoup de maturité, en employant des mots forts :)))). J'ai envie de me rouler par terre de rire: ainsi donc on me prenait pour une pauvre fillette perdue qu'il fallait aider. Merci beaucoup, c'est bien aimable. Et c'est de ma faute, même moi j'en étais là, alors je ne peux pas en vouloir aux autres.
C'est bien difficile de dire ce que l'on pense, et de manifester qui l'on est. On s'expose, on va être jugé, on va se tromper parfois, ça peut faire mal. Mais en même temps, prendre le risque de passer pour une pauvre fille / pauvre mec, c'est sans doute encore pire, alors perdu pour perdu, fight club :)!
Ah bien sûr, pas tous, heureusement :)! Il y en a qui sont humains, qui essaient réellement de voir comment on peut travailler ensemble, ce qu'on peut s'apporter mutuellement, comment gommer les aspérités de la rencontre pour créer une synergie ... Ca existe, j'en ai rencontré et c'est grâce à eux que j'ai découvert le monde merveilleux de l'entreprise XD.
Mais y'en a d'autres qui valent le détour, niveau bullshit:
- ceux qui jouent au psy : 'qu'est-ce que vous essayez de prouver avec tous ces diplômes?' ... Hein???
- ceux qui ont peur des gens porteurs d'un cerveau en état de marche : 'nous n'avons pas besoin de cadors, ici, vous n'enverrez pas un mail toute seule pendant 6 mois' ; 'je n'ai pas de doute sur vos capacités, mais je voulais m'assurer que vous avez compris à quoi vous vous engagez, vous allez vous emmerder sur ce poste...' (ça peut encore se défendre); et mon préféré absolu: 'vous étiez plus senior sur la stratégie (que la personne que nous avons prise à votre place, s'entend), vous avez une compréhension des enjeux de l'entreprise peu commune chez les gens de votre métier...' Comment ??? AU SECOURS !!!
- ceux qui vous diminuent et vous mettent en pièces : 'vous étiez responsable de quoi vraiment vraiment vous-même toute seule?'; 'vu votre connaissance du domaine des nouvelles technologies, vous maîtrisez l'HTML?'; et encore hors concours : 'sur les types de poste qui vous intéressent, c'est plus facile pour nous de faire monter en puissance des gens de l'interne (comprendre : votre métier est tellement naze que nous pouvons le refourguer à n'importe qui) pour ne pas créer de frustrations ..., mais si vous voulez travailler à mettre en ligne des contenus sur notre site web, vous voyez pour l'HTML ...???' RHAAAAAA ???!!!!
- ceux qui entourent votre âge sur votre CV ... en rouge ... avant l'entretien !!!
Et après on s'étonne que les gens se jettent par les fenêtres. Non mais sérieux.
Ce que je regrette à chaque fois que je rencontre des gens comme ça - en entretien, Dieu m'en préserve de leur parler autrement si j'ai le choix - c'est de ne pas leur péter à tronche. Perdu pour perdu, leur dire leur quatre vérités (mais vous entendez-vous parler, bon sang? comprenez-vous ce que vous dites?) et me tirer de là pour toujours. De toute façon, ils donnent pas envie de bosser dans leur taule, on imagine déjà les têtes des gens qui ont REUSSI leurs entretiens, ca fait peur.
Je me défoule un peu ici, c'est sûr, mais je m'en donne le droit, après tout c'est mon blog et par ailleurs j'en fais plus que mon quota de remises en question. Le sujet des RH (recrutement, gestion de carrière, etc.) mérite réellement qu'on s'y attarde, tant leur fonctionnement est créateur de gâchis dans ce pays. Mais après tout, peut-être que les boîtes et les employés n'ont que ce qu'ils méritent? Moi, perso, ça me fait beaucoup cogiter sur ce qui me reste à faire des nombreuses années avant ma retraite XD.
Je jure que je ne fais pas exprès, mais là j'ai dû aborder le thème hautement complexe de la réalité. Après le temps pas linéaire (ça date maintenant), voilà le réel qui vacille. Je sais, je devrais en parler à un spécialiste, ne vous inquiètez pas, tout va bien :). J'ai eu cette révélation (que le réel n'est pas ce que l'on croit) un dimanche après-midi où, au milieu d'une recherche profesionnelle, sur la com' encore tiens, je me suis aperçue que je me trompais complètement de problématique. Si les gens auxquels je pense ne font pas plus de com', c'est qu'ils ne le veulent pas.
La prise de conscience m'a explosé à la tronche. La réalité des choses des autres n'est pas la mienne. Ce n'est pas parce que ça serait plus 'vrai' (plus sensé, plus durable, plus respecteux, etc) de faire les choses comme ça dans ma vision de la réalité que c'est bien la même réalité que celle des autres. Les autres peuvent bien choisir de voir les choses différemment, et TOUT se matérialise différemment sous leur regard. Si l'on tient le bon bout du gourdin, on n'a peut être pas envie de faire de l'éthique ou du développement durable. Mais j'ai toujours pensé que ça ne valait pas un pet de canard, puisque dans ma courte vie j'ai déjà vu des retournements de situation assez surprenants, et pas que dans les films.
Nous voilà donc sur la brèche de la philo et de la pragmatique (politique?). Mais en quoi cela nous concerne, humbles mortels, employés de bureau? Eh bien, en comprenant que je ne partageais pas la même vision de la réalité (les mêmes valeurs, les mêmes buts, les mêmes repères) que de nombreux autres, c'est devenu clair qu'on ne pouvait pas se comprendre, et surtout, que je ne pouvais pas m'épanouir dans leur monde. C'est idiot, mais on n'apprend pas aux enfants qu'il vaut mieux ne pas essayer de courir les deux lièvres à la fois, le lièvre du 'système' (parcours scolaire, fil rouge de la carrière, etc), et le lièvre du salut de son âme.
J'envie ceux qui arrivent à faire le choix de l'un ou de l'autre, instinctivement et entièrement. Parce que courir le lièvre de l'argent et du pouvoir per se peut amener quelque part (ça se paie cher, mais c'est une autre histoire), et s'occuper de ce qui nourrit son âme, avec passion et générosité, peut également apporter la reconnaissance. Le pire, c'est d'avoir le cul entre deux chaises. Etre pétri de valeurs humanistes, mais travailler pour 'réussir' (par ambition, peur de manquer ou besoin de sécurité), c'est nager avec un bras attaché dans le dos, à contre courant. C'est se mettre des croche-pieds tout seul, c'est de l'auto-sabotage, une programmation de l'échec.
La réalité n'est pas ce que l'on croit. Elle n'est pas unique, elle est vivante et c'est à ce titre qu'on peut choisir son camp, elle est riche de possibilités, pour peu qu'on arrive à distinguer ce qui est vrai du faux, pour soi.
